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Philippe Chignier - Ecrivain

Désormais retraité de l’Éducation Nationale, cet ancien professeur de français n'a jamais arrêté d'écrire. Une douzaine de ses textes ont été publiés.

"J’ai connu le TAM par la FNCTA (Fédération Nationale des Compagnie de Théâtre Amateur) : il y a très très longtemps, des stages avaient été organisés dont un de maquillage pour la scène, mais ce sont des souvenirs très flous. Avant de rejoindre la troupe, j’avais vu et apprécié plusieurs des spectacles du TAM, en particulier l’adaptation de « Des souris et des hommes » ou Elephant Man avec ce parti pris extraordinaire de le faire interpréter par Jean-Tristan Morand, et les costumes tout aussi extraordinaires pour envelopper les gens « normaux ». L’originalité du Calaferte monté par Sebastien Fuoco m’a aussi beaucoup plu.

Il y avait déjà au TAM la volonté de relever des paris : avec Rémi Patoux, pour l’adaptation cinématographique qu’il a faite de John Fante ou la gageure de jouer en un même lieu mais avec des décors variables Les trois sœurs de Tchekhov. Ou avec Florence Mallet pour Le cercle de craie caucasien de Brecht qui est allé séduire jusqu’en Allemagne.

Pour le Tam, Philippe met en scène quatre pièces, dont la dernière d'un écrivain qui lui est très proche.

Pour ma part, j’ai rejoint la troupe sur un spectacle de plus modeste voilure mais extrêmement attachant : L’éducation de Rita de l’anglais Willy Russell. C’est Éric Maître qui m’avait contacté pour porter un regard extérieur sur le projet qu’il réalisait avec Gaëlle Vernay. Le regard extérieur est devenu direction d’acteurs puis mise en scène et, au fil du temps, nous avons approfondi chaque rôle et nous avons joué la pièce dans pas mal d’endroits, au studio du TXR en particulier. Et ce qui a été très enrichissant (pour le spectacle et le jeu) ça a été l’interruption entre une première série de représentations et une autre, près d’un an plus tard : Gaëlle était partie faire un long voyage vers la Chine et l’Asie centrale, si bien qu’à son retour la matière du personnage avait sédimenté, il y avait vraiment une densité inouïe…

L’éducation de Rita


Ensuite, tous les trois ans environ, en alternance avec d’autres projets, j’ai monté des spectacles très différents : le plus original pour moi, ça a été une sorte de boulevard « Venise sous la neige » de Gilles Dyrek, représenté (et travaillé donc) avec deux équipes de comédien.ne.s : très éprouvant mais très gratifiant aussi de voir comment un même texte monté selon les mêmes principes de mise en scène dans un même décor pouvait se teinter de nuances très variées.

Venise sous la neige


Un autre très gros travail a été Aztèques de Michel Azama : j’ai d’abord proposé une adaptation qui convienne à la troupe (nombre de comédien.ne.s, durée surtout) puis une mise en espace complexe avec des époques et des lieux divers représentés dans un même espace scénique. J’ai été très aidé par les apports techniques de gens bien plus compétents que moi dans ces domaines, comme Serge Potier. La rencontre magique de Moctezuma et Cortès l’était d’autant plus que les interprètes étaient Stanislas Duault et Sébastien Fuoco. Un autre grand moment était le long final qui devait être saisissant : trois monologues successifs après 100 minutes de spectacle, tout reposait sur la présence de Valérie Lavediot puis d’Alix Verrier et enfin de Laurent Dockes s’adressant à Clara Morand. Tout tenait à l’intensité de leur présence et à la justesse de leur voix, Comme une vibration humaine très émouvante. Comme si on assistait à la fois à la création et à la fin d’un monde. Très contemporain.

Aztèques


Et puis avec le TAM j’ai eu le plaisir de monter une de mes pièces, Les Tellines. Ce fut aussi l’occasion de belles rencontres : Françoise Del-Signore, Anne-Christine Gomes qui ont ensuite développé leurs propres projets...

Les Tellines

Philippe écrit depuis l'enfance, des pièces surtout, mais aussi un futur roman

Du côté de l’écriture, j’écris en fait depuis l’enfance ou l’adolescence : des récits, des journaux, etc...Mais c’est dans l’écriture théâtrale que j’ai eu l’opportunité de publier une douzaine de textes.

Le dernier en date est particulièrement imaginé pour des rôles féminins. Le point de départ, ce sont les affichages sur feuilles A4 qu’on voit sur les murs des villes et qui dénoncent les violences faites aux femmes (ou aux enfants…). C’est alors la confrontation de voix et de personnages inattendus autour de ces affichages : une colleuse d’affiches, une décolleuse, une employée de voirie également artiste à ses heures, une femme politique, etc...et au passage, c’est la question de l’art qui est évoquée, son rapport avec la cité, ce que l’on souhaite montrer ou pas...Au fait, la pièce s’appelle Dazibaos, du nom de ces formes d’expression libre tolérées dans la Chine impériale et remises au goût du jour à l’époque de Mao...Mais rien à voir avec la Chine dans ma pièce : juste des feuilles sur lesquelles on écrit des vérités plurielles.



Hors théâtre, je me suis attelé à un projet de roman que j’espère finir avant la fin de l’année (2023).

A suivre...C’est encore un autre monde et la recherche d’éditeurs quand on n’est plus « un jeune auteur à l’avenir prometteur » est une sorte de marathon.


Philippe croit aux petites formes qui emmènent le théâtre la où on ne l'attend pas.

Ce qui est aussi caractéristique du TAM, c’est l’esprit d’équipe et d’ouverture : les ateliers multiples, envers les jeunes en particulier, et le partenariat et les abonnements avec le Théâtre de la Croix Rousse en sont le symbole. Je regrette cependant que les tentatives de « faire du théâtre autrement » ne soient pas plus nombreuses... Face à la montée de la pensée unique, je crois que la diffusion des textes par le jeu, la lecture ou sous toutes les formes en petit groupe est une bonne méthode pour ne pas rester entre soi mais toucher à de nouveaux publics, par voisinage, par amitié, etc...très clairement, en-dehors des habitués des spectacles, il me paraît bon d’aller vers les autres pour leur dire des choses : des histoires, des sketches, des confidences, des scènes courtes...toutes sortes de choses que beaucoup de gens ignorent et qui ne sont pas « mainstream ». C’est un pari sur l’officieux plutôt que l’officiel, que le TAM pourrait relever. En attendant je souhaite le meilleur pour les spectacles du TAM qui sont désormais dans les tuyaux.


Pour commander les livres de Philippe Chignier voici les liens:

Dazibaos 2023 :




Jacques le Fataliste (interprété entre autres par J-T Morand et Laurent Dockès :

Les Tellines

Mots croisés, recueil de textes en collaboration avec Arlette Fétat parmi lesquels Une conférence, ça déménage, Un chiffre en moins (version pour homme et pour femme), etc...


















Propos recueillis par Corinne Perraton

Merci Philippe pour ton témoignage

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